Cartes sur table

Le Plume : département des cartes et plans

21 septembre 2008

Les ingrédients d'une carte, 3 : une légende

Entendez-vous dans nos campage mugir ces féroces soldats ? Ce sont des géographes ; leur cri de guerre : pas de carte sans légende !

Une carte, c'est fait pour rassembler sous forme graphique des informations sur un espace donné ; une partie non négligeable de ces informations est donc rendue par des éléments graphiques : couleurs, lignes, flèches, ombrés, points, typographie, pictogrammes variés... Le décryptage de ces éléments n'est pas forcément évident, ni sans ambiguité ; même si des conventions existent, elles ne couvrent pas nécessairement tous les types de carte, et rien n'empêche une carte donnée d'en user autrement. Un exemple simple : colorier les plans d'eau en bleu. Certes, mais sur les cartes marines aux normes internationales, le bleu, quand il est utilisé, couvre seulement les eaux peux profondes (moins de dix mètres, généralement) ; le reste est blanc, et les terres sépia. Ça ne va pas sans dire - et c'est la légende qui le dit.

La légende : une reprise des différents éléments graphiques employés, séparés les uns des autres et explicités chacun par quelques mots de texte.

Où la mettre ? Essentiellement - où l'on peut. De préférence tout d'un seul tenant, à l'exception souvent des teintes hypsométriques (les couleurs indiquant l'altitude) qui peuvent atterrir sur le côté, comme une échelle bis. Sous la carte, ou à côté (comme sur les cartes géologiques au 1/50.000 du BRGM, où la légende n'est pas loin de faire la même surface que la carte), ou bien dans un coin ; sur un rabat, pour les cartes pliées ; au dos, si besoin : pas très pratique, mais une fois que l'on est familiarisé avec un type de cartographie, pas besoin de regarder la légende en permanence.


Ouvrage 1D du SHOM, édition n°2 (1996), page 14, section IC, « détails topographiques naturels ».

Il peut arriver aussi que la légende soit physiquement séparée de la carte. Les cartes marines, par exemple, présentent une telle variété de données, qui doivent pouvoir être déchiffrées sans la moindre ambiguïté par le navigateur, que la légende fait l'objet d'un fascicule édité séparément : l'ouvrage 1D du service hydrographique et océanographique de la Marine, Symboles et abréviations figurant sur les cartes marines françaises, qui fait tout de même une centaine de pages au format 19×27... Il débute, comme il se doit, par un page de description de la présentation de l'ouvrage : une légende de la légende, donc.

Grâce à cet ouvrage, et à l'extrait que j'ai inclus ici, je saurais désormais distinguer, sur mes cartes marines, les différents types de végétation côtière que je pourrais être amené à rencontrer : eucalyptus, filao, palmier nipa ou casuarina - tous fréquents en Bretagne Nord, j'en suis sûr. À noter d'ailleurs que les cartes marines pliées à l'usage du plaisancer comportent une légende abrégée, au cas où précisément le plaisancier n'aurait pas sur lui l'ouvrage 1D. Dont je recommande au passage l'acquisition, pour un prix modique, à tous usagers de cartes marines et, plus généralement, à tous les amateurs de cartes.

Épisodes précédents :

  1. Un découpage
  2. Une échelle
  3. Une légende

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